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L’euro est surévalué par rapport aux autres monnaies du monde. Cela pénalise les exportations et augmente nos importations.
Le retour aux monnaies nationales permettrait de rétablir notre compétitivité-prix. Il faut signaler par ailleurs que les conditions (dites de « Marshall-Lerner ») sont remplies en France pour qu’une dévaluation soit bénéfique.
Les entreprises souffrent de la faiblesse de leurs marges et des profits nets (50 milliards d’euros de moins qu’en 2000 soit 6% du PIB en France, contre 9% en Allemagne, 13% aux Etats-unis…). On estime à environ 100 milliards d’euros l’écart avec les pays de l’OCDE. L’impossibilité de dévaluer en cas d’augmentation des coûts salariaux ainsi que la surévaluation de l’euro ont obligé les entreprises industrielles françaises à diminuer le prix de vente de leurs biens, diminuant leurs marges, ainsi que l’investissement productif et donc la modernisation. Ainsi, les gains de productivité par tête sont à des niveaux très bas.
Une dévaluation permettrait d’avoir une monnaie correspondant à notre économie et en finir avec cet euro taille unique, mal ajusté à la France, et simplement adapté à l’Allemagne.
Une dévaluation bénéficie à toutes les entreprises exportatrices : celles qui sont déjà performantes accroissent leurs parts de marché (le prix de leurs biens et services étant devenus plus faibles par rapport aux autres monnaies) ainsi que les entreprises les plus en difficulté qui pourraient augmenter le prix de leurs exportations en monnaie nationale sans que cela ne représente un coût supplémentaire pour l’acheteur étranger. Si le franc venait à se déprécier de 20%, cela représenterait une bouffée d’air pouvant aller jusqu’à 100 milliards d’euros pour les entreprises exportatrices, et indirectement, pour les entreprises sous-traitantes ou offrant des biens et services aux exportateurs. C’est donc un cercle vertueux qui relance l’économie ainsi que l’emploi dans des secteurs à forte valeur ajoutée, et dont les salaires sont plus élevés que dans les services.
L’ajustement par la dévaluation a plusieurs avantages : être rapide (il est plus facile et efficace de reculer l’heure d’une heure (dévaluation) que de demander à tout le monde de venir une heure à l’avance).
Il s’agit également d’un outil de coopération : en effet, les dévaluations sont le plus souvent le fruit de négociations, d’accords, et non de décisions purement unilatérales. L’image d’un isolement et d’une politique de cavalier solitaire est donc fausse.
De plus, les taux d’intérêts auxquels empruntent les pays pourraient diminuer. En effet, la compression salariale qui a actuellement lieu sous les coups de l’austérité conduit à une dégradation de l’activité et donc à une augmentation de la prime de défaut exigée par les prêteurs (puisque l’activité ralentit ou se contracte, la croissance est « négative », ce qui n’assure pas la soutenabilité de la dette publique), ainsi que la prime de risque. En d’autres termes, les taux d’intérêts ont augmenté. Cet effet positif s’est observé lors des dévaluations espagnoles et italiennes de 1992.
L’inflation sur les prix des biens en France augmenterait peu étant donné ce que l’on appelle la « rigidité des prix ». En clair, en cas de dévaluation, on assiste à une amélioration de la compétitivité extérieure sans diminution du revenu réel, bien au contraire. La hausse des prix des importations est plus faible
que la dépréciation de la monnaie (puisque les entreprises qui vendent en France tendent à réduire leurs marges), mais également beaucoup plus faible (environ 10 fois) que la hausse des prix à la consommation. Certaines études montrent qu’une augmentation de 20% des prix des importations, conduirait à une augmentation de seulement 2% de l’inflation (ce dont nous aurions grandement besoin en cette période de quasi-déflation). Le commerce extérieur s’en retrouverait amélioré, et le cercle vertueux enclenché (réduction du déficit extérieur, baisse des importations…). Là encore, l’exemple de la dévaluation de 1992 est frappant.
La base industrielle (la part de l’industrie dans la production nationale) augmenterait, attirant les investisseurs étrangers, qui bénéficieraient par ailleurs d’une monnaie dévaluée.
La politique monétaire et la Banque de France seront retrouvées : un effet positif sur la dette. Cette dernière pourrait racheter des titres de dette publique sur les marchés financiers et même prêter à l’Etat Français sans intérêt, au lieu qu’il se finance sur les marchés obligataires. Cette politique ne serait pas non plus inflationniste comme le montrent les exemples anglais ou américain.
http://www.frontnational.com/pdf/fin-euro.pdf