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sou sait compter ses sous
le 21 décembre, 2013 dans Afrique par Nico Ramirez
L’Afrique est bien souvent le plus court chemin vers le fric, démesuré et hors de proportion. Les caisses de l’Etat fournissent un fabuleux porte-monnaie permettant d’alimenter un train de vie délirant.
C’est un système de vases communicants mais dans un seul sens : quand un bien, un avoir ou un fonds est soustrait du bien public par l’appropriation privative d’un Bongo du Gabon, d’un Obiang de Guinée-Equatoriale ou d’un Nguesso du Congo-Brazzaville, le patrimoine de l’Etat s’en retrouve appauvri. On appelle cela les « biens mal acquis ». Bien mal acquis ne profite jamais ? Cela dépend pour qui !
L’enrichissement de ces dirigeants ne peut se justifier sur la base de leurs revenus officiels, parce qu’il est le produit d’activités criminelles s’apparentant le plus souvent à un vol caractérisé. Détournements de fonds, transferts d’argent public entre les comptes nationaux et leurs comptes personnels, rétrocommissions, tous les moyens sont bons, à partir de l’instant où ils sont rémunérateurs.
Et tandis que ces ogres africains se repaissent grassement avec la complicité des pays occidentaux, le gentil blanc verse une larme émue et une obole de circonstance quand on lui met sous le nez les pauvres petits africains qui jouent au foot avec un rat crevé et voyez comme la misère n’est pas moins pénible au soleil…
Une instruction en cours à Paris sur les biens mal acquis a conduit les enquêteurs à envoyer de nombreuses réquisitions judiciaires chez les joaillers, couturiers et maroquiniers parisiens pour découvrir le nom de Denis Sassou Nguesso dans le fichier client qui dresse la liste précise des achats effectués. Ici, 250 000 euros de chemises, là 300 000 euros pour des montres, ou encore près de 2 millions d’euros de costumes… Représenter « dignement » son pays coûte bien cher…
Au total, la famille Sassou Nguesso aurait dépensé au moins 60 millions d’euros d’argent public congolais dans les boutiques de luxe parisiennes. Un soutien actif au redressement de la balance commerciale de la France qui explique sans doute l’empressement avec lequel Sassou Nguesso est toujours accueilli à Paris comme un grand ami, quel que soit le locataire de l’Elysée…
http://diktacratie.com/sassou-sait-compter-ses-sous/