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Comprendre le génome du cancer

 

Sciences

Jeudi 13 Février 2014 à 11:01 (mis à jour le 13/02/2014 à 12:25)

Par

Mickaël Fonton



 

Le Pr Paul Workman avec, à sa droite, les Drs Marcello Riggi et Dominique Gougeon, de Pierre Fabre Oncologie, et à sa gauche, François d'Orcival et les Prs Gabriel Hortobagyi et David Khayat, pour le prix Raymond-Bourgine. Photo © Patrick Iafrate





Médecine. Lauréat 2014 du prix Raymond- Bourgine, Paul Workman est un spécialiste mondial de l’évaluation des traitements anticancéreux et l’auteur de travaux pionniers dans la découverte de molécules innovantes.

Une simple phrase. « Nous continuerons notre lutte contre le cancer. » Prononcée par le Dr Marcello Riggi, directeur médical de Pierre Fabre Oncologie, elle vient confirmer le soutien sans faille du groupe pharmaceutique à la recherche cancérologique, un soutien crucial à une époque où, si les opportunités scientifiques et thérapeutiques n’ont jamais été si importantes, le contexte financier fragilise de nombreuses équipes de recherche. Un soutien qui entend aussi prolonger l’oeuvre du fondateur Pierre Fabre, décédé en juillet dernier.

 

Décerné, comme chaque année, dans le cadre du Congrès international sur les traitements anticancéreux, le 21e prix Raymond-Bourgine est venu récompenser, cette fois, le Pr Paul Workman, directeur général adjoint de l’Institut de recherche sur le cancer (ICR) à Londres, l’un des leaders mondiaux en pharmacologie moléculaire. Sous sa direction, l’ICR, par ailleurs plus grand groupe de découverte de médicaments contre le cancer à but non lucratif dans le monde, a mis au point une quinzaine de substances innovantes, dont sept sont entrées en phase d’essais cliniques.

 

Sa méthode de recherche porte un nom : “drugging the cancer genome”, qui pourrait se traduire par “cibler le génome du cancer”. « À l’heure actuelle, explique-t-il, nous connaissons 500 gènes, sur environ 20 000, qui peuvent contribuer à l’apparition d’un cancer. Le nombre de gènes contribuant à chaque cancer peut varier mais c’est une constante : dans un cancer, il y a plusieurs gènes impliqués. C’est cette réunion que l’on appelle le “génome du cancer”. Notre travail consiste à mettre au point des médicaments qui vont contrecarrer les effets cancéreux induits par ces gènes. Seuls 5 % des gènes concernés font actuellement l’objet d’un traitement spécifique : c’est donc un gros travail qui nous attend. »

 

Si les progrès de la recherche — dus notamment au séquençage du génome — permettent aujourd’hui de toujours mieux comprendre le cancer, jusqu’au niveau moléculaire, les défis restent nombreux : identifier les principaux gènes à risque, comprendre pourquoi certaines protéines codées par ces gènes ne permettent pas le développement de molécules adéquates, développer des combinaisons intelligentes pour faire face à la grande majorité des problèmes cliniques — notamment la résistance aux médicaments —, enfin progresser encore dans “l’individualisation” du traitement (à cancer unique, patient unique).

 

http://www.valeursactuelles.com/comprendre-génome-cancer

 

 

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