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Trois différents usages politiques du tirage au sort, à bien distinguer : 1) chambres de contrôle 2) corps législatif 3) assemblée constituante

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Trois différents usages politiques du tirage au sort, à bien distinguer : 1) chambres de contrôle 2) corps législatif 3) assemblée constituante


 

Posted on 20 août 2014

L’infatigable (et très gentil) Benoît (merci à lui) vient d’isoler un passage important de la soirée (formidable) passée à Bruxelles avec David (Van Reybrouck) : il me semble que tous les gentils virus, pour être très contagieux, devraient bien repérer et bien distinguer ces 3 grands usages du tirage au sort :

 

Et voici le commentaire de Benoît sur sa chaîne Youtube :

Quels sont les atouts et défauts du tirage au sort ?
Voici 3 de ses utilisations en politique :

01:19 1) Les chambres de contrôle

03:11 2) L’assemblée législative

07:26 3) L’assemblée constituante

LES 11 VERTUS DU TIRAGE AU SORT :

1. La procédure du tirage au sort est impartiale et équitable : elle garantit une justice distributive (conséquence logique du principe d’égalité politique affirmé comme objectif central de la démocratie).

2. Le tirage au sort empêche la corruption (il dissuade même les corrupteurs : il est impossible et donc inutile de tricher, on évite les intrigues) : ne laissant pas de place à la volonté, ni des uns ni des autres, il n’accorde aucune chance à la tromperie, à la manipulation des volontés.

3. Le tirage au sort ne crée jamais de rancunes : pas de vanité d’avoir été choisi ; pas de ressentiment à ne pas avoir été choisi : il a des vertus pacifiantes pour la Cité, de façon systémique.

4. Tous les participants, représentants et représentés sont mis sur un réel pied d’égalité.

5. Le hasard, reproduisant rarement deux fois le même choix, pousse naturellement à la rotation des charges et empêche mécaniquement la formation d’une classe politicienne toujours portée à tirer vanité de sa condition et cherchant toujours à jouir de privilèges. Le principe protecteur majeur est celui-ci : les gouvernants sont plus respectueux des gouvernés quand ils savent avec certitude qu’ils reviendront bientôt eux-mêmes à la condition ordinaire de gouvernés.

6. Le tirage au sort est facile, rapide et économique.

7. Le hasard et les grands nombres composent naturellement, mécaniquement, un échantillon représentatif. Rien de mieux que le tirage au sort pour composer une assemblée qui ressemble trait pour trait au peuple à représenter. Pas besoin de quotas, pas de risque d’intrigues.

8. Savoir qu’il peut être tiré au sort incite chaque citoyen à s’instruire et à participer aux controverses publiques : c’est un moyen pédagogique d’émancipation intellectuelle.

9. Avoir été tiré au sort pousse chaque citoyen à s’extraire de ses préoccupations personnelles et à se préoccuper du monde commun ; sa désignation et le regard public posé sur lui le poussent à s’instruire et à développer ses compétences par son travail, exactement comme cela se passe pour les élus : c’est un moyen pédagogique de responsabilisation des citoyens, de tous les citoyens.

10. Préférer le tirage au sort, c’est refuser d’abandonner le pouvoir du suffrage direct à l’Assemblée, et c’est tenir à des contrôles réels de tous les représentants : donc, le tirage au sort portant avec lui des contrôles drastiques à tous les étages, il est mieux adapté que l’élection (qui suppose que les électeurs connaissent bien les élus et leurs actes quotidiens) pour les entités de grande taille. (Alors qu’on entend dire généralement le contraire.)

11. DE FAIT, pendant 200 ans de tirage au sort quotidien (au Ve et IVe siècle av. JC à Athènes), les riches n’ont JAMAIS gouverné, et les pauvres toujours. (Les riches vivaient très confortablement, rassurez-vous, mais ils ne pouvaient pas tout rafler sans limite, faute d’emprise politique.) Ceci est essentiel : mécaniquement, infailliblement, irrésistiblement, le tirage au sort DÉSYNCHRONISE le pouvoir politique du pouvoir économique. C’est une façon très astucieuse d’affaiblir les pouvoirs pour éviter qu’ils n’abusent. On est donc tenté de penser que c’est l’élection des acteurs politiques qui a rendu possible le capitalisme, et que le tirage au sort retirerait aux capitalistes leur principal moyen de domination.

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Documents_conferences/centralite_du_tirage_au_sort_en_democratie.pdf

Extrait de « Démocratie fatiguée : quelles solutions ? (1/9) David Van Reybrouck/Étienne Chouard – 18 avril 2014  »
 

Et de la vidéo du cercle des volontaires, Belgique « Étienne Chouard David Van Reybrouck Démocratie fatiguée Quelles solutions »
 

This entry was posted in Ateliers constituants, tirage au sort and tagged constitution d'origine citoyenne, contrôle des pouvoirs, démocratie, institutions, journalisme, processus constituant, responsabilité, tirage au sort. Bookmark the permalink.

One Response to Trois différents usages politiques du tirage au sort, à bien distinguer : 1) chambres de contrôle 2) corps législatif 3) assemblée constituante
  1. Sandy | 20 août 2014 at 19:07 | Répondre

    LES 11 VERTUS DU TIRAGE AU SORT :

    « 1. La procédure du tirage au sort est impartiale et équitable : elle garantit une justice distributive (conséquence logique du principe d’égalité politique affirmé comme objectif central de la démocratie). »

    FAUX, elle ne garantit qu’une égalité des chances, et aucunement une égalité politique bien au contraire.

    « 2. Le tirage au sort empêche la corruption (il dissuade même les corrupteurs : il est impossible et donc inutile de tricher, on évite les intrigues) : ne laissant pas de place à la volonté, ni des uns ni des autres, il n’accorde aucune chance à la tromperie, à la manipulation des volontés. »

    VRAI.

    « 3. Le tirage au sort ne crée jamais de rancunes : pas de vanité d’avoir été choisi ; pas de ressentiment à ne pas avoir été choisi : il a des vertus pacifiantes pour la Cité, de façon systémique. »

    VRAI. Mais ce genre de rancunes n’est qu’anecdotique franchement.

    « 4. Tous les participants, représentants et représentés sont mis sur un réel pied d’égalité. »

    FAUX, les participants, oui, les « représentants », à la rigueur, mais les « représentés » ( certainement pas, à cause du tirage au sort, ils ne participent plus dutout aux décisions, même indirectement ).

    « 5. Le hasard, reproduisant rarement deux fois le même choix, pousse naturellement à la rotation des charges et empêche mécaniquement la formation d’une classe politicienne toujours portée à tirer vanité de sa condition et cherchant toujours à jouir de privilèges. Le principe protecteur majeur est celui-ci : les gouvernants sont plus respectueux des gouvernés quand ils savent avec certitude qu’ils reviendront bientôt eux-mêmes à la condition ordinaire de gouvernés. »

    VRAI. Mais la même chose peut être atteinte avec l’élection en interdisant le renouvellement et le cumul des mandats.

    « 6. Le tirage au sort est facile, rapide et économique. »

    Certes. Vu qu’il consiste justement à faire participer moins de gens à la décision. C’est logique. N’importe quel scrutin censitaire a cette « vertu ».

    « 7. Le hasard et les grands nombres composent naturellement, mécaniquement, un échantillon représentatif. Rien de mieux que le tirage au sort pour composer une assemblée qui ressemble trait pour trait au peuple à représenter. Pas besoin de quotas, pas de risque d’intrigues. »

    FAUX. Le hasard ne peut donner qu’une représentation sociologique de la population. Il n’a aucun moyen de permettre une représentation politique. Tout juste une représentation des « étiquettes politiques » ? La représentation politique suppose plusieurs choses :
    - Un groupe politique, ce genre de groupe ne peut exister que s’il est organisé.
    - Un accord entre les représentants et les représentés pour définir les idées communes qu’ils doivent défendre.

    Un tiré au sort, même s’il a des idées proches de celle que je peux avoir, ne peut pas me représenter si on ne s’est pas entendu sur ce qu’il doit défendre.
    Aussi proches soyons nous, il suffit qu’il porte d’autres idées complètement contraires aux miennes, et jamais je ne le choisirai comme représentant.

    L’idée que la statistique permet une représentation politique tient uniquement de la foi.

    « 8. Savoir qu’il peut être tiré au sort incite chaque citoyen à s’instruire et à participer aux controverses publiques : c’est un moyen pédagogique d’émancipation intellectuelle. »

    FAUX. C’était peut être vrai dans une population où tout le monde avait une chance de participer comme dans une petite cité comme l’Athènes antique. Mais ce n’est pas vrai dans une population si grande comme la nôtre qu’il faudrait des centaines d’années pour que tout le monde puisse exercer une responsabilité.
    La perspective que je puisse être tiré au sort d’ici un demi millénaire ne va aucunement m’inciter plus qu’avant à me politiser et à me mobiliser.

    « 9. Avoir été tiré au sort pousse chaque citoyen à s’extraire de ses préoccupations personnelles et à se préoccuper du monde commun ; sa désignation et le regard public posé sur lui le poussent à s’instruire et à développer ses compétences par son travail, exactement comme cela se passe pour les élus : c’est un moyen pédagogique de responsabilisation des citoyens, de tous les citoyens. »

    VRAI, sauf que pour les mêmes raisons citées plus haut, cela nous fait de belles jamabes de savoir que moins d’1 % de la population durant toute notre vie aura pu ressentir cette libération spirituelle !

    « 10. Préférer le tirage au sort, c’est refuser d’abandonner le pouvoir du suffrage direct à l’Assemblée, et c’est tenir à des contrôles réels de tous les représentants : donc, le tirage au sort portant avec lui des contrôles drastiques à tous les étages, il est mieux adapté que l’élection (qui suppose que les électeurs connaissent bien les élus et leurs actes quotidiens) pour les entités de grande taille. (Alors qu’on entend dire généralement le contraire.)
     »

    FAUX. Le contrôle des représentants est totalement dissociable du tirage au sort et de l’élection.

    « 11. DE FAIT, pendant 200 ans de tirage au sort quotidien (au Ve et IVe siècle av. JC à Athènes), les riches n’ont JAMAIS gouverné, et les pauvres toujours. (Les riches vivaient très confortablement, rassurez-vous, mais ils ne pouvaient pas tout rafler sans limite, faute d’emprise politique.) Ceci est essentiel : mécaniquement, infailliblement, irrésistiblement, le tirage au sort DÉSYNCHRONISE le pouvoir politique du pouvoir économique. C’est une façon très astucieuse d’affaiblir les pouvoirs pour éviter qu’ils n’abusent. On est donc tenté de penser que c’est l’élection des acteurs politiques qui a rendu possible le capitalisme, et que le tirage au sort retirerait aux capitalistes leur principal moyen de domination. »

    Faux, la société athénienne a toujours été dominée par les plus riches. Les plus pauvres n’avaient pas de pouvoir politique. 200 ans de tirage au sort n’ont pas permis le moindre changement dans l’ordre politique. C’est bien le conservatisme qui domine cette période. Un conservatisme logique vu qu’aucun des citoyens, étant tous privilégiés, n’avait d’intérêt à ce que les choses changent.
    Depuis 1789, au contraire, les riches ont toujours du composer avec les pauvres, ils ont même perdu leur domination à plusieurs reprises. Si bien que cette période a connu la plus grosse progression au niveau des droits sociaux et des libertés de toute l’histoire humaine.

    DSL.

http://chouard.org/blog/2014/08/20/trois-differents-usages-politiques-du-tirage-au-sort-a-bien-distinguer-1-chambres-de-controle-2-corps-legislatif-3-assemblee-constituante/

 

 

 

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