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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 15:53

« On peut nourrir 10 milliards d'humains en bio sans défricher un hectare »
(Crédit photo : mike blake - reuters)
 
Interview - Résoudre la question alimentaire à l’échelle planétaire, en se passant de l’agriculture conventionnelle ? Ça ressemble à une utopie, mais c’est la réalité de demain, selon certains. Parmi eux, l’agronome Jacques Caplat. Entretien.

Jacques Caplat est agronome et géographe.

L’idée que les rendements en bio sont plus faibles qu’en conventionnel est récurrente…

Si l’on considère que l’agriculture bio, c’est faire la même chose qu’en conventionnel moins la chimie, alors oui, c’est certain. Mais ça n’est pas ça du tout !

Que faut-il comparer, alors ?

Le système conventionnel s’est construit sur l’idée qu’on peut augmenter les rendements en sélectionnant les semences. On les isole et on regarde comment on peut les faire produire au maximum dans un contexte artificiel. On obtient alors de très hauts rendements, mais ils n’ont plus aucune relation avec la réalité biologique. Et dans le réel, ces variétés doivent être soutenues en permanence par des pesticides et engrais chimiques. Elles deviennent très fragiles. Les parasites se précipitent dessus. Il faut multiplier les intrants. C’est un cercle vicieux. L’agriculture bio est un autre concept. C’est la mise en relation des trois grandes composantes de l’agriculture : un écosystème (le sol, les points d’eau, des haies), un agrosystème (plusieurs espèces végétales, des animaux) et des humains autonomes, en situation de prendre des décisions et non de se les voir imposer par des semenciers ou des politiques.

Ce concept fonctionne de façon optimale avec un mélange de cultures sur une même parcelle. Des légumineuses, parce qu’elles sont capables de capter l’azote de l’air. Des arbres, parce qu’ils vont chercher le potassium en profondeur et le restituent en surface. Il n’y a plus de concurrence entre les plantes, mais une complémentarité. Cela permet de bien meilleurs rendements. En Europe, un hectare de blé conventionnel produit 10 tonnes par an. Sur une même surface consacrée au maraîchage diversifié, avec 20 à 30 espèces différentes, on atteint entre 20 et 70 tonnes. Les légumes contenant plus d’eau que le blé, on peut ramener ces chiffres entre 15 et 25 tonnes de matière sèche. Le rendement est deux fois plus grand !

Vous soutenez que l’agriculture bio est le seul système viable dans les pays tropicaux…

Le système conventionnel ne marche qu’en milieu tempéré. Il lui faut une stabilité climatique. Dans les pays tropicaux, les excès de pluie ou de sécheresse peuvent anéantir une année de production en monoculture. L’agriculture associée est plus adaptée. On peut semer des espèces résistantes à la sécheresse, d’autres à des conditions plus humides. Le rendement de chacune n’est pas garanti, mais le rendement global l’est. Et s’il y a des arbres, ils stabilisent les sols et limitent l’érosion. Or, ces conditions aléatoires atteignent les milieux tempérés. Avec le réchauffement, les incidents climatiques sont plus fréquents. Et notre système est d’autant plus fragile que les sols se sont appauvris.

Que disent les études scientifiques sur cette question ?

L’université anglaise de l’Essex a réalisé en 2006 une synthèse sur 57 pays et 37 millions d’hectares. Elle conclut que les rendements sont 79 % plus élevés en agriculture bio dans les zones tropicales. Le Programme des Nations unies pour l’environnement évaluait en 2008 que le passage en bio en Afrique permettrait de doubler les rendements. Olivier de Schutter, rapporteur des Nations unies pour le droit à l’alimentation, écrivait en 2010 : « Pour nourrir le monde, l’agroécologie surpasse l’agriculture industrielle à grande échelle. » Un bémol cependant : en 2006, l’université américaine du Michigan montrait que la conversion intégrale en bio de l’Amérique du Nord et de l’Europe ferait chuter leurs rendements de 5 % à 10 %. Car il s’agirait, dans ce cas, de faire du conventionnel sans chimie, de la monoculture. Mais à long terme, si l’on répand les techniques de cultures associées, on peut penser qu’il y aura une amélioration. Et puis, comme dans les pays tropicaux les rendements augmenteront énormément, à l’échelle planétaire, tout ira bien ! On peut nourrir 10 milliards d’humains sans défricher un hectare de plus. D’un point de vue agronomique, c’est indéniable.

Cette transition est-elle possible ?

Dans les années 1960, on s’est donné un objectif, celui d’une révolution agricole industrielle, et on y est parvenu. Pourquoi pas aujourd’hui ?

Qu’attendre de la réforme de la PAC, la politique agricole commune, en 2013 ?

Elle ne va pas changer la donne. Mais sur la plan national, on peut expliquer aux paysans que l’agriculture bio, c’est l’avenir. Pour 90 % d’entre eux, c’est ringard. Alors que techniquement, c’est très moderne. Beaucoup de progrès récents en sont issus. On peut ensuite faire de l’accompagnement. Et une réforme fiscale. L’agriculture bio réclame plus de main-d’œuvre. Or, aujourd’hui, il est plus avantageux d’acheter une machine que d’embaucher.

Que pensez-vous de la politique du gouvernement actuel ?

Je suis sceptique et déçu. L’objectif du Grenelle d’atteindre 20 % de bio en 2020 n’était pas mauvais. Signé par tous les partis, il permettait de faire basculer les choses. Mais à la Conférence environnementale de septembre dernier, l’objectif a été fixé à 7 % en 2017. Il n’y a aucune ambition politique. Il faudrait dès aujourd’hui consacrer 20 % de la recherche et des moyens d’accompagnement à l’agriculture bio. Or, à l’Inra, seuls 2 % à 3 % des chercheurs sont dessus. Et il s’agit de volontés individuelles !

Et au niveau international ?

C’est très complexe. Prenez la région d’Atakora, au Bénin. Des associations se sont montrées capables de nourrir l’ensemble du pays avec des méthodes d’agroécologie. Mais les paysans ne peuvent pas vendre leur mil à Cotonou, la capitale, car le blé, français ou américain, y est vendu moins cher. Un mécanisme de compensation, prenant en compte les coûts environnementaux (pollution des nappes, conséquences sur la santé) rendrait la concurrence plus juste. —

 

L’Agriculture biologique pour nourrir l’humanité, de Jacques Caplat (Actes Sud, 2012)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour visionner le document cliquer sur le lien ci-dessous :

 

 

http://www.terraeco.net/On-peut-nourrir-10-milliards-d,47024.html

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 21:53

 

O. Delamarche nous livre son analyse sur les thèmes suivants :

- La Chine songerait à ne plus acheter de dollars, peut-on vraiment prendre cette information au sérieux ?
- L'or, le bitcoins, l'immobilier : des investissements intéressants ?
- L'actuelle répartition des revenus : quelles conséquences ?
- Démographie mondiale vieillissante : un problème pour nos économies ?
- La loi de 1973 : unique responsable de la dette ?
- Quelles réactions sur le discours de Bernanke concernant l'inefficacité de la planche à billet sur l'économie ?
- Serait-il possible de revenir à un équivalent étalon-or ?

Bon visionnage et n'hésitez pas à réagir !

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 22:55

 

Pour visionner la vidéo cliquer sur le lien ci-dessous :

 

 

 

http://infolibre.tv/?cat=9&paged=4

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 22:09

L'être humain d'aujourd'hui, état des lieux

  Pour visionner la vidéo cliquer sur le lien ci-dessous : 

 

https://www.facebook.com/notes/docbook/l%C3%AAtre-humain-daujourdhui-%C3%A9tat-des-lieux/582640945101296

 

 

 

  • L’obéissance comme seconde nature


« À force d’obéir, on obtient des réflexes de soumission. » Le meilleur de sa vie lui échappe mais il continue car il a l’habitude d’obéir depuis toujours. L’obéissance est devenue sa seconde nature. Il obéit sans savoir pourquoi, simplement parce qu’il sait qu’il doit obéir. Obéir, produire et consommer, voilà le triptyque qui domine sa vie.


Il obéit à ses parents, à ses professeurs, à ses patrons, à ses propriétaires, à ses marchands. Il obéit à la loi et aux forces de l’ordre. Il obéit à tous les pouvoirs car il ne sait rien faire d’autre. La désobéissance l’effraie plus que tout car la désobéissance, c’est le risque, l’aventure, le changement. Mais de même que l’enfant panique lorsqu’il perd de vue ses parents, l’esclave moderne est perdu sans le pouvoir qui l’a créé. Alors ils continuent d’obéir. C’est la peur qui a fait de nous des esclaves et qui nous maintient dans cette condition. Nous nous courbons devant les maîtres du monde, nous acceptons cette vie d’humiliation et de misère par crainte.


Nous disposons pourtant de la force du nombre face à cette minorité qui gouverne. Leur force à eux, ils ne la retirent pas de leur police mais bien de notre consentement. Nous justifions notre lâcheté devant l’affrontement légitime contre les forces qui nous oppriment par un discours plein d’humanisme moralisateur. Le refus de la violence révolutionnaire est ancré dans les esprits de ceux qui s’opposent au système au nom des valeurs que ce système nous a lui-même enseignés.
Mais le pouvoir, lui, n’hésite jamais à utiliser la violence quand il s’agit de conserver son hégémonie.

 

 

  • La répression et la surveillance

 

« Sous un gouvernement qui emprisonne injustement, la place de l’homme juste est aussi en prison. » Pourtant, il y a encore des individus qui échappent au contrôle des consciences. Mais ils sont sous surveillance. Toute forme de rébellion ou de résistance est de fait assimilée à une activité déviante ou terroriste. La liberté n’existe que pour ceux qui défendent les impératifs marchands. L’opposition réelle au système dominant est désormais totalement clandestine. Pour ces opposants, la répression est la règle en usage.

 

 

  • L’argent

 

« Et ce que l’on faisait autrefois pour l’amour de Dieu, on le fait maintenant pour l’amour de l’argent, c’est-à-dire pour l’amour de ce qui donne maintenant le sentiment de puissance le plus élevé et la bonne conscience.» Comme tous les êtres opprimés de l’Histoire, l’esclave moderne a besoin de sa mystique et de son dieu pour anesthésier le mal qui le tourmente et la souffrance qui l’accable. Mais ce nouveau dieu, auquel il a livré son âme, n’est rien d’autre que le néant.

 

Un bout de papier, un numéro qui n’a de sens que parce que tout le monde a décidé de lui en donner. C’est pour ce nouveau dieu qu’il étudie, qu’il travaille, qu’il se bat et qu’il se vend. C’est pour ce nouveau dieu qu’il a abandonné toute valeur et qu’il est prêt à faire n’importe quoi. Il croit qu’en possédant beaucoup d’argent, il se libérera des contraintes dans lesquels il se trouve enfermé.

 

Comme si la possession allait de paire avec la liberté. La libération est une ascèse qui provient de la maitrise de soi. Elle est un désir et une volonté en actes. Elle est dans l’être et non dans l’avoir. Mais encore faut-il être résolu à ne plus servir, à ne plus obéir. Encore faut-il être capable de rompre avec une habitude que personne, semble-t-il, n’ose remettre en cause.

 

 

Pas d

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 21:19

recettes de l'Etat en 2010

   
 

Les recettes fiscales nettes sont constituées des impôts directs et indirects desquels on a déduit les remboursements et dégrêvements.

Les recettes non fiscales comprennent les autres recettes de l'Etat (les recettes d'ordre et le Fonds de stabilisation des changes n'ont pas été pris en compte).

Les prélèvements sur les recettes de l'Etat sont constituées des recettes que l'Etat affecte aux collectivités locales et du prélèvement réalisé au profit de l'Union européenne.

 
QUESTIONS :
La loi de finances pour 2010 prévoit près de 252 255 milliards d'euros de recettes fiscales nettes.
        Vrai        Faux
Les prélèvements sur recettes constituent une dépense de l'Etat.
        Vrai        Faux
Au total, les recettes nettes du budget de l'Etat devait s'élever en 2010 à près de 164 milliards d'euros. cliquez pour ouvrir une calculatrice
        Vrai        Faux

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 18:02

La TIPP a rapporté en 2008 environ 25 milliards aux finances publiques, la TVA (187,127 milliards ), l’impôt sur le revenu

(60,495 milliards ) et l’impôt sur les sociétés (53,870 milliards ).


  • Le déficit de la sécurité Sociale s'élève à 6,100 milliards €

  • Le paquet fiscal coûte 15 milliards € par an

  • L'aide pour l'emploi des jeunes : 1,300 milliards €

http://www.educnet.education.fr/comptes/etat/ressource/budget.htm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soutenez ceux qui demandent une justice sociale et une meilleure gestion de l'argent public.

 

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