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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 23:58

Si l''Euro est plus fort que le dollar, c'est pour priviliégier l'économie des états unis et nuire à notre économie française et européenne.

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Pour visionner le document audio, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

 

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Pierre-Jovanovic-presente-le-livre-La-crise-financiere-francaise-de-1789-1799-21872.html

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 23:15

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 23:05

 

 

Général de Gaulle : « la droite financière et l’intelligentsia de gauche s’entendent comme larrons en foire sur le dos du populo » !

 

 

peuple

 

 

Il y aurait en France un peuple populiste, qui n’est pas le même que le peuple démocrate.

Inquiets de voir fondre leurs ouailles, plusieurs syndicats ont lancé récemment une grande action contre le populisme, avec promenades rituelles dans les rues. Peu de gens s’en doutaient en effet, mais il y aurait en France un peuple populiste, qui n’est pas le même que le peuple démocrate.

Pourtant, considérons les deux étymologies : demos, en grec, veut dire le peuple ; populus, en latin, veut dire exactement la même chose. La démocratie, pourrait-on dire — avec une étymologie latine —, la populopotence, c’est le pouvoir du peuple. Elle est donc le populisme par excellence. Mais, pour ces lanceurs d’actions, il y aurait un peuple d’origine grecque demos, un autre d’origine latine populus. Allez comprendre quelque chose à cette subtile sémantique par laquelle les tyranno-potentats (terme latin et grec) du politiquement correct font deux peuples avec un seul !

À moins qu’ils ne distinguent celui – démocrate – qui vote pour eux et les reconduit à l’infini, et l’autre – populiste – qui ne les supporte plus et n’a qu’une envie, c’est qu’ils dégagent !

Ainsi le premier, le peuple démocrate, est un bon peuple, constitué par des citoyens responsables. Il vote tantôt pour la droite, tantôt pour la gauche, car il croit que la gauche molle sortira le pays des difficultés où l’a mis la droite-fric, puis que la droite blabla sortira ce même pays des difficultés où l’a mis la gauche bête. Différenciant les partis dits de gouvernement, le libéral/menteur et le social/tartuffe, il s’enflamme tous les cinq ans pour l’un ou pour l’autre et condamne le tous pourris. Il accepte avec fatalisme d’être taxé et tondu, il s’en réjouit même parfois, car l’impôt est l’apanage du citoyen. Il prend au sérieux des discours politiques vides de sens. Syndiqué ou non, il manifeste dans le calme sa légitime revendication, puis se disperse à l’appel des responsables des syndicats qui iront décider à sa place avec les ministres. Il appelle France Inter pour poser des questions convenues et filtrées et remercie les journalistes de ce moment de libre expression et de la qualité des émissions.

Le second, le peuple populiste, est un mauvais peuple, dangereux, constitué d’irresponsables, quelquefois appelés gens en colère. Il s’abstient de voter, vote blanc, ou pour ce qu’on nomme les extrêmes, Front national, Front de gauche et autres. Il critique les hommes politiques, de droite comme de gauche, qu’il voit se succéder pour faire la même chose et qu’il ose traiter de guignols et de rigolos. Il considère que ni les uns ni les autres ne s’attaquent depuis trente ans aux vrais problèmes d’un pays qu’il voit s’enfoncer chaque jour davantage. Il est présenté par les journalistes démocrates du Monde Libéré comme vivant dans les cafés du commerce, et considéré comme primaire, simpliste, veule, raciste, xénophobe, franchouillard et pétainiste. Souvent pauvre, quelquefois aisé, le peuple populiste véhicule un discours nauséabond ; il vitupère contre les impôts, qu’il trouve trop lourds, et lorsque la coupe déborde, il descend dans la rue pour tout casser et refuse de se disperser. Il peut mettre un bonnet rouge et se livrer à des jacqueries d’un autre temps, il ose dire que les politiques sont tous des pourris et, horreur suprême, il penserait presque, comme en son temps le général de Gaulle, que « la droite financière et l’intelligentsia de gauche s’entendent comme larrons en foire sur le dos du populo » !

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 21:03

 

 

 


 

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 20:11

 

Un moment de détente, grâce à Thomas du site russie.fr qui a souhaité le partage. Bien sur, j’ai trouvé que c’était trop parfait pour être instantané! la réponse nous est donnée dans les commentaires du site par Jules  (extrait:) » Dans le cas présent ce n’est pas du tout une flash mob. C’est un événement officiel créé avec beaucoup de moyens et des acteurs professionnels sur un budget public ayant été diffusé à la télévision en prime time. C’est exactement le contraire d’une flash mob, c’est un événement non spontané au possible.
En plus cela était en plein milieu d’une campagne électorale… C’est juste un moyen de faire des RP au bon moment. » Merci Jules pour les précisions, n’empêche que ça réchauffe…Merci à Thomas.

 



 

On avait déjà vu ce genre d’événement dans certaines gares, pendant des concerts ou dans des lieux publics. Pour expliquer en quelques mots, un flash mob, c’est un phénomène mondial répandu grâce au web. Le principe est simple. Plusieurs personnes se sont données rendez-vous dans un lieu public à l’initiative des quelques organisateurs. Le jour J, tout le monde est prêt et vient au rendez-vous incognito à l’insu du public qui lui se promène, tout simplement.

Tous les participants le plus souvent ne se connaissent pas et ont pris le temps de répéter toute une chorégraphie à faire le jour J, à l’instant T au signal des organisateurs. Et l’effet est parfois très spectaculaire comme c’est le cas ici. On dirait que la magie surgit de nulle part, comme par enchantement et c’est fait pour. Le lieu se transforme en méga fête en quelques secondes et pour quelques minutes seulement, le temps de se lâcher comme jamais.

Voyez plutôt, là, c’est vraiment réussit. Ils l’ont fait tout près de l’Université d’Etat de Moscou, sur la colline aux moineaux (воробьевы горы en russe). Il faisait froid ce jour là, et pourtant… il faisait chaud. :)

Je n’ai pas pu résister à partager avec vous ce moment de pur plaisir.

 

Titre original:

Цекало и Puttin` отожгли на Воробьевых горах

Source RUSSIE.FR

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 20:09


 

grec

Il y a des articles après lecture desquels le lecteur se dit : « Ce n’est pas possible, je m’informe régulièrement et je pense être au courant des actualités la plupart du temps, pourquoi je ne sais rien de cela ? »

Le présent article est un tel article. Ceux qui pensent qu’il s’agit dans le contexte d’Euro-Gend-For d’un terme lié à la notion anglaise « gender » ­– définition artificielle et très à la mode du « genre », du « sexe social » – se trompent.

Le nom est un morceau de magnificence issu du pouvoir d’innovation intellectuelle des Français : au lieu d’une troupe de l’UE de malfrats violents à la Rambo, ou des Bodyguards à la paie de Goldman-Sachs selon le modèle Blackwater, est née une armée privée dénommée « Force de gendarmerie européenne » (FGE).

Les Allemands du camp d’Angela Merkel pourraient ainsi détourner sur les Français le « mécontentement » que l’Europe de l’euro, prétendument si amoureuse de la liberté, déclenche dans les pays où elle intervient. Mais cette mascarade se terminera au plus tard à l’arrivée en Grèce.

Les gouvernements européens savent exactement ce qui les attend. Pour ne pas devoir utiliser leurs propres armées contre les citoyens du pays, la troupe paramilitaire « Force de gendarmerie européenne » a été fondée en secret – ni vu, ni connu.

En théorie, on peut faire appel à la FGE partout où l’Union européenne voit une crise. C’est fixé ainsi dans le Traité de Velsen qui règle les interventions d’EuroGendFor. La devise dans les armoiries est la suivante : « Lex paciferat » – ce qui peut être traduit par : « Le droit apportera la paix ». Il souligne « le principe du rapport étroit entre l’imposition des principes de droit et le rétablissement d’alentours sûrs et protégés ».

Un « conseil de guerre », sous forme de comité interministériel composé des ministres de la Défense et de la Sécurité des pays membres de l’UE participants, décide de la stratégie d’intervention. La troupe peut être mise en marche soit sur demande, soit après décision de l’UE.

Dans l’article 4 du Traité constitutif concernant les missions et les engagements on peut lire : « On peut recourir aux FGE pour protéger les personnes et les biens et maintenir l’ordre en cas de troubles publics. »

Les soldats de cette unité paramilitaire de l’Union européenne doivent certes respecter le droit en vigueur de l’Etat dans lequel ils interviennent et où ils sont déployés, mais : tous les bâtiments et tous les terrains qui sont pris par les troupes sont exterritorialisés et ne sont plus accessibles mêmes pour les autorités de l’Etat dans lequel la troupe intervient. Le monstre de l’Union européenne abroge ainsi le droit national aussi en cas de lutte anti-émeute.

« EuroGendFor » est une troupe policière paramilitaire et des services secrets qui peut être rapidement mise en place. Elle unit tous les pouvoirs et moyens militaires, policiers et de services secrets qu’elle peut exercer en collaboration avec des troupes nationales de police et d’armée, après être mandatée par une cellule de crise interministériel dans chaque lieu pour la lutte contre des troubles, contre des révoltes et contre de grandes manifestations. Le ministère fédéral de la Défense fait l’éloge de l’EuroGendFor sur ses sites Internet en disant : « Police ou Armée : Une gendarmerie européenne promet la solution. »

L’EuroGendFor est encore presque complètement inconnue et dans l’ombre. Cela ne restera pas ainsi. Plus les gens sont poussés dans la misère par la politique de gestion désespérée et erronée de la crise, plus cette troupe nantie de pouvoirs illimités devra « régler » la situation. Les chefs d’Etats européens se rendront compte avec gratitude qu’ils ne seront pas dans l’obligation d’utiliser leurs propres corps de police et d’armée contre leurs citoyens.

Source : comite-valmy.org

 

 

http://infolibretv.fr/?p=816&utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 20:05

NWOLe Partenariat trans-Pacifique (TPP), vaste zone de libre-échange à douze pays qui compte regrouper 40% de la richesse mondiale, ne sera pas signé avant la fin de l’année, contrairement aux ambitions des Etats-Unis qui soutiennent le projet à bout de bras.

« Nous avons décidé de poursuivre notre travail dans les semaines à venir… Après un travail supplémentaire mené par des négociateurs, nous avons l’intention de nous retrouver le mois prochain », ont indiqué dans un communiqué commun les douze ministres du Commerce des pays impliqués.

Les responsables étaient réunis à Singapour depuis samedi, dans l’espoir, caressé par les Américains, qu’un accord soit signé d’ici à la fin de l’année. Les Etats-Unis, grands défenseurs du projet, avaient déployé d’importants efforts pour accélérer les débats.

Le TPP implique 12 nations dont le Japon et les États-Unis, mais sans la Chine. Cet ensemble, qui représente 40% du Produit intérieur brut mondial, est souvent perçu comme le symbole de la multiplication des accords régionaux, prenant le pas sur le multilatéralisme défendu au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui regroupe 159 Etats-membres.

La réunion du TPP à Singapour a débuté samedi, le jour même où s’est conclue sur l’île indonésienne de Bali une conférence ministérielle de l’OMC où un accord a minima a été signé pour relancer le programme de libéralisation des échanges lancé à Doha en 2001 mais qui était jusqu’à présent resté lettre morte.

PÉKIN POURRAIT Y ADHÉRER

Le TPP regroupe l’Australie, le Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour, les Etats-Unis et le Vietnam. D’autres pays pourraient se joindre lors d’une étape ultérieure.

Pékin n’exclut pas totalement de rejoindre un jour le TPP mais lui préfère un projet concurrent exclusivement asiatique, réunissant 16 pays, sans les Etats-Unis. Cette initiative est défendue par l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean).

Le président américain Barack Obama a vanté le TPP comme faisant partie de sa stratégie de faire de l’Asie le « pivot » de sa politique étrangère. Mais les discussions achoppent sur la complexité de l’ouverture de certains marchés, en particulier du Japon.

Des milliers d’agriculteurs nippons étaient ainsi descendus dans les rues de Tokyo la semaine dernière pour s’opposer à la volonté du gouvernement japonais de prendre part au TPP.

Au Japon, le secteur agricole, protégé par d’importantes barrières douanières, est persuadé qu’il a plus à perdre qu’à gagner, craignant une déferlante de marchandise étrangère à bas prix impossible à concurrencer avec des petites exploitations dispersées et entretenues par des cultivateurs de plus en plus âgés.

Malgré l’échec des négociations, le représentant (ministre) américain au Commerce, Michael Froman, a qualifié la réunion de Singapour de « très productive », lors d’une conférence de presse conjointe.

Son homologue australien Andrew Rob s’est déclaré « encouragé » par les discussions, tout en admettant cependant : « nous avons encore beaucoup à faire ».

« Il y a encore du travail à faire avant un accord mais nous avons trié les points, les problèmes et les défis, et en ce sens, nous avons réalisé de très importants progrès », a expliqué le Japonais Yasutoshi Nishimura.

« Comme c’est toujours le cas dans la vie, les décisions politiques les plus difficiles sont gardées pour la fin », a ajouté le Néo-Zélandais Tim Groser.

Les détracteurs du TPP y voient la main-mise des Etats-Unis, estimant que Washington tente d’imposer ses vues à l’ensemble de l’Asie-Pacifique, en particulier en matière de propriété intellectuelle.

Soutenu par les grands groupes pharmaceutiques, il permettrait d’instaurer des brevets à plus long terme, protégeant ainsi plus durablement les médicaments. Des ONG comme Médecins sans frontières estiment que cela restreindrait l’accès pour des millions de pauvres à un traitement générique bon marché.

Washington estime que ces brevets, plus durables, font partie des « règles d’or » indispensables pour l’économie du 21e siècle. A la différence de la plupart des autres traités de libre-échange, le TPP couvre des domaines comme l’environnement et les normes du travail

Le TPP, un processus fin 2011, avait déjà manqué une première échéance visant à signer un accord avant la fin 2012.

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 19:34
boulevard-voltaire-manif-pour-tous
Le 9 décembre 2013
Toute la France en colère sera dans la rue, pour manifester son rejet d’un régime à bout de souffle qui étouffe notre pays.

26 janvier 2014 : toute la France en colère sera dans la rue, pour manifester son rejet d’un régime à bout de souffle qui étouffe notre pays, méprise nos libertés et ruine nos familles.

Toute ? Une poignée d’irréductibles Gaulois s’enfermera dans le mépris hautain que ces cris vulgaires lui inspirent.

Pour que cette journée soit véritablement un point de rupture, aucune association ne doit manquer à l’appel. Et surtout pas celle qui a initié le plus formidable mouvement de résistance de la décennie : la Manif pour tous.

Les raisons d’hésiter ne manqueront pas. À commencer par la crainte de la récupération politique : qu’on se rassure, ce n’est pas l’UMP qui soutiendra un tel mouvement. Non seulement ils sont trop occupés à se tirer dans les pattes, mais encore ils n’ont aucune envie de mettre à bas un système dont ils espèrent qu’il durera au moins aussi longtemps qu’eux. Et LMPT a tout à gagner à se détacher de l’influence de ce parti renégat qui a lourdement pollué les dernières manifestations du printemps.

Les gens raisonnables objecteront aussi que mêler leur voix à celle des paysans brûleurs de radars n’est pas très convenable, et risque en outre de déconsidérer le mouvement. Ils verront d’un mauvais œil la présence possible de députés infréquentables, de gauche comme de droite ; et puis, s’il faut vraiment s’encanailler, autant le faire entre nous…

En réalité, nous avons tout intérêt à nous joindre à ce mouvement pour en faire une gigantesque manifestation nationale. Par courage, par tactique, par stratégie.

Par courage de dire non, sans craindre la couleur politique du voisin, et de voir la réalité d’une dictature molle que 85 % des Français rejettent. Dans l’union, comme à Quimper.

Par tactique : nous avons perdu une bataille, parce qu’à un moment précis, le 24 mars 2013, LMPT a accepté les conditions posées par le pouvoir. C’est ce jour-là que tout s’est joué. Il est temps de nous rattraper, d’autant plus facilement que d’autres ne se priveront pas, cette fois-ci, de faire à notre place le boulot de transgression que nous avons refusé l’an dernier.

Enfin par stratégie : le bouillonnement du printemps 2013 a permis une prise de conscience, y compris chez les bien-pensants. La loi Taubira n’est que l’avatar d’un système dont l’objet essentiel est la satisfaction des désirs individuels, qui mène à l’atomisation de la société. Un système qui fait de la personne un simple individu, un consommateur, un bon élève de la sous-pensée marketing. Et il n’est pas possible de se battre contre le mariage homo, la PMA, la GPA et tout ce qui s’ensuit sans remettre en cause les fondements mêmes de ce système. Les dirigeants de LMPT l’ont compris.

Madame de La Rochère, vos troupes piaffent ! Vous pouvez mobiliser à Paris un million de personnes en colère. Cortège à part ou unitaire, le reste est question d’organisation et de communication, ni trop tôt, ni trop tard. Mais, quelle que soit la manière de participer, le 26 janvier 2014, c’est quitte ou double !

http://www.bvoltaire.fr/francoisteutsch/tous-paris-pour-manifester-le-26-janvier-2014,42130

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 19:20

Pour écouter le document audio, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2013%2F12%2F09%2F357-frederic-lordon-prone-la-suppression-de-la-bourse-conchie-l-union-europeenne-et-l-euro-defend-la-nation-la-souverainete-populaire-et-leurs-institutions

 

 

J'ai trouvé sur le blog Médiapart de Brigitte Pascall (merci à elle)
cette retranscription (partielle mais utile et bien ciblée) :

Frédéric Lordon : "On peut envisager de changer l’Europe, de faire un autre euro, un euro qui soit plus social et progressiste à la place de l'euro austéritaire. Mais j'ajoute aussitôt : cette transformation-là est UN RÊVE DE SINGE".
[...]
Frédéric Lordon : La transformation de l'UE est impossible pour un certains nombre de raisons très très profondes. C'est-à-dire passer d'une Europe néo libérale et austéritaire présente à une Europe qui serait sociale et progressiste, sans transition. C'est pourquoi je pense que le retour aux monnaies nationales se fera, de toutes façons, du seul fait qu'émergerait même un projet de transformation de l'Euro. Et pourquoi ? C'est que l'euro actuel est un outil qui a été conçu pour donner toute satisfaction aux marchés financier. Je pourrais vous reprendre le détail des règles de politiques économiques et des agencements institutionnels un par un.

Par conséquent, tout projet de transformation significatif de l'euro ne pourrait avoir pour objet que de soustraire la monnaie européenne à l'empire de la finance et des marchés de capitaux. Ce que voyant, l'empire des marchés de capitaux déchainerait immédiatement une spéculation d'où résulterait l'éclatement de la zone euro et le retour forcé aux monnaies nationales.

Je dis que ce retour aux monnaies nationales n'est PAS normativement parlant une catastrophe, qu'il nous permettrait de recouvrer de nombreux degrés de liberté économique et politique.

L Adler : Vous êtes pour le retour à la souveraineté nationale ?

Frédéric Lordon : Oui absolument, le retour à la souveraineté nationale car je ne vois pas comment on peut contester, plus exactement le retour à la souveraineté populaire, car je ne vois pas comment on peut contester l'idée de souveraineté populaire d'un point de vue de gauche.

Et c'est pas parce que le FN ou les mouvements de droite à la droite de l'UMP ont essayé de capter — et réussi à capter semble-t-il ce thème — qu'il faut se laisser faire pour autant. Car de dépossession en dépossession, nous finirons à poil.

Qu'est ce que c'est que la souveraineté populaire ? La souveraineté populaire c'est la capacité d'une communauté politique à décider collectivement de son propre destin. C'est une idée qui nous a été léguée par les Lumières, par la Révolution Française, et je refuse le stigmate du FN et que l'on nous vole cette idée.

La souveraineté populaire d'ailleurs, c'est un petit peu plus que la souveraineté nationale, et ce serait cela la différence qu'il faudrait marquer entre les deux.

Et de même, pour l'idée de Nation. (Si j'avais su que je serais venu parler de ce thème, je serais venu avec quelques munitions.) Et en particulier avec une définition de la nationalité qui avait été donnée dans l'article 4 de la constitution de 1793, la constitution de Robespierre. C'est une définition de la Nation par la citoyenneté et c'est une définition de la Nation qui est absolument admirable. Car la Nation, si elle est une communauté finie - la souveraineté populaire ne peut s'exercer que dans le périmètre d'un territoire finie (n'en déplaisent au cosmopolitisme car on n'a pas vu encore l'ombre d'une communauté politique mondiale qui n’existe qu'en fantasme) - donc si la Nation lieu d'exercice de la souveraineté populaire est une communauté finie, elle n'est pas pour autant une communauté close. Et rien n'interdit que des étrangers prennent la nationalité française définie comme citoyenneté.

En particulier, tous les travailleurs qui sont actuellement clandestins, qui payent des impôts, leurs cotisations sociales, ces gens-là ont droit à la nationalité française, précisément parce qu’ils s'acquittent de leur devoir de citoyen le plus fondamental qui est celui du consentement fiscal, là où des Bernard Arnaud, des Jérôme Cahuzac, des Depardieu et des Johnny se baladent dans le monde comme dans un self service à passeports pour faire de l'optimisation fiscale.

Et donc voila ma redéfinition de la Nation française. Et celle-là elle ne va pas plaire au FN. B Arnaud, pas Français. Johnny, Cahuzac : pas Français ; mais tous les travailleurs clandestins qui aspirent à payer des impôts, sont français de plein droit."

Frédéric Lordon, sur France Culture, lundi 9 décembre 2013

Pour info, l'article 4 dont parle Frédéric est celui-ci :

De l'état des citoyens

Article 4. - Tout homme né et domicilié en France, âgé de vingt et un ans accomplis ; - Tout étranger âgé de vingt et un ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année - Y vit de son travail - Ou acquiert une propriété - Ou épouse une Française - Ou adopte un enfant - Ou nourrit un vieillard ; - Tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l'humanité - Est admis à l'exercice des Droits de citoyen français.

Source : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/constitutions/constitution-de-1793-an1.asp

Étienne.



PS : pour mémoire, certains arguments expliqués par Frédéric :

Et si on fermait la Bourse...

C’était il y a un peu plus d’un an : les gouvernements secouraient les banques aux frais du contribuable. Mission accomplie. Mais à quel prix ? L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) évalue à 11 400 milliards de dollars les sommes mobilisées par ce sauvetage. Soit 1 676 dollars par être humain... Mais la finance n’est pas qu’affaire de banquiers. C’est aussi celle des actionnaires. Une proposition pourrait ne pas leur plaire : fermer la Bourse.

par Frédéric Lordon, février 2010

Pour un peu, le grand spectacle de ces deux dernières années nous l’aurait presque fait oublier : là où la finance « de marché »* (les astérisques renvoient au glossaire), appellation un peu idiote mais il en faut bien une pour faire la différence, semble s’activer dans un univers clos, loin de tout et notamment du reste de l’économie, la finance actionnariale*, celle des propriétaires des moyens de production, campe à l’année sur le dos des entreprises — et, comme toujours, en dernière analyse, des salariés. Il a fallu la « mode du suicide » si délicatement diagnostiquée par M. Didier Lombard, président-directeur général (PDG) de France Télécom, pour offrir l’occasion, mais si peu saisie dans le débat public, de se souvenir de ce dégât quotidien de la finance actionnariale dont les injonctions à la rentabilité financière sont implacablement converties par les organisations en minimisation forcenée des coûts salariaux, destruction méthodique de toute possibilité de revendication collective, intensification épuisante de la productivité et dégradation continue des conditions matérielles, corporelles et psychologiques du travail.

Contre toutes les tentatives de dénégation dont on entend d’ici les accents scandalisés, il faut redire le lien de cause à effet qui mène du pouvoir actionnarial, dont plus rien dans les structures présentes du capitalisme ne retient les extravagantes demandes, à toutes les formes, parfois les plus extrêmes, de la déréliction salariale. Et si les médiations qui séparent les deux bouts de la chaîne font souvent perdre de vue la chaîne même, et ce que les souffrances à l’une des extrémités doivent aux pressions exercées depuis l’autre, si cette distance demeure la meilleure ressource du déni, ou des opportunes disjonctions dont le débat médiatique est coutumier, rien ne peut effacer complètement l’unité d’une « causalité de système » que l’analyse peut très bien dégager (1).

Si donc la refonte complète du jeu de la finance « de marché », réclamée avec d’autant plus de martiale véhémence par les gouvernements qu’ils ont moins l’intention de l’accomplir, occupe le débat public depuis un an, il s’agirait de ne pas oublier que, au moins autant, la finance actionnariale est en attente elle aussi de son « retour de manivelle »... Sous ce rapport il n’y a que le PDG de Libération Laurent Joffrin, joignant la paresse intellectuelle au désir de ne rien rencontrer qui pourrait le contrarier, pour soutenir qu’il n’y a pas d’idées à gauche (2) — sans doute pas dans Libération ni au Parti socialiste en effet (mais on a dit : à gauche). Du vide dans le regard de Laurent Joffrin, on ne conclura donc pas pour autant qu’il n’y a rien. Le SLAM (Shareholder Limited Authorized Margin ou marge actionnariale limite autorisée) est une idée (3). L’abolition de la cotation en continu, et son remplacement par un fixing mensuel ou plurimestriel, en est une autre (4). Vient toutefois un moment où l’on envisage la question autrement : et fermer la Bourse ?

Des chroniques débonnaires du regretté Jean-Pierre Gaillard, longtemps journaliste boursier sur France Info, à l’apparition des chaînes boursières, en passant par l’incessante répétition « CAC 40 - Dow Jones - Nikkei », la Bourse aura bientôt quitté le domaine des institutions sociales pour devenir quasiment un fait de nature — une chose dont la suppression est simplement impensable. Il est vrai que deux décennies et demie de matraquage continu ont bien œuvré à cette sorte de naturalisation, et notamment pour expliquer qu’une économie « moderne » ne saurait concevoir son financement autrement que par des marchés et, parmi eux, des marchés d’actions* (la Bourse au sens strict du terme).

Bien sûr, pour continuer de se dévider, ce discours nécessite de passer sous silence l’ensemble des destructions corrélatives de l’exercice du pouvoir actionnarial ; la simple mise en regard de ses bénéfices économiques supposés et de ses coûts sociaux réels suffirait à faire apparaître tout autrement le bilan de l’institution « Bourse ». Encore faudrait-il questionner la division entre bénéfices économiques et coûts sociaux car les tendances à la compression salariale indéfinie qui suivent de la contrainte de rentabilité actionnariale ne sont pas sans effets macroéconomiques. La sous-consommation chronique qui en résulte a poussé les géniaux stratèges de la finance à proposer aux ménages de « faire l’appoint » avec du crédit, devenu la béquille permanente de la demande manquante — on connaît la suite. Evidemment les bilans sont toujours plus faciles avec une seule colonne qu’avec deux, particulièrement, aurait ajouté l’humoriste Pierre Dac, quand on enlève la mauvaise. Mais vienne la « bonne » à se montrer elle-même défaillante, que peut-il alors rester de l’ensemble ?

Or c’est peu dire que les promesses positives de la Bourse sont douteuses. Sans elle, paraît-il, pas de financement de l’économie, plus de fonds propres pour des entreprises alors vouées à l’insolvabilité, encore moins de développement des start-up annonciatrices des révolutions technologiques ? En avant, dans l’ordre et méthodiquement.


Les investisseurs pompaient,
pompaient !


Sur le papier, le plan d’ensemble ne manquait pas d’allure. Des agents (les épargnants) ont des ressources financières en excès et en quête d’emploi, d’autres (les entreprises) sont à la recherche de capitaux : la Bourse est cette forme institutionnelle idoine qui mettrait tout ce beau monde en contact et réaliserait la rencontre mutuellement avantageuse des capacités de financement des uns et des besoins des autres. Elle ferait même mieux encore : en apportant des ressources permanentes (à la différence de l’endettement, les capitaux propres, levés par émission d’actions, ne sont pas remboursables), elle stabiliserait le financement et en minimiserait le coût. Patatras : rien de tout ça ne tient la route.

La Bourse finance les entreprises ? Au point où on en est, ce sont plutôt les entreprises qui financent la Bourse ! Pour comprendre ce retournement inattendu, il faut ne pas perdre de vue que les flux financiers entre entreprises et « investisseurs » sont à double sens et que si les seconds souscrivent aux émissions des premières, ils ne manquent pas, symétriquement, de leur pomper régulièrement du dividende (en quantité croissante) et surtout du buy-back*, « innovation » caractéristique du capitalisme actionnarial par laquelle les entreprises sont conduites à racheter leurs propres actions pour augmenter mécaniquement le profit par action et, par là, pousser le cours boursier (donc la plus-value des investisseurs) à la hausse.

La cohérence dans l’incohérence du capital actionnarial atteint d’ailleurs des sommets car, imposant des normes de rentabilité financière exorbitantes, il force à abandonner bon nombre de projets industriels, incapables de « passer la barre », laissant les entreprises avec des ressources financières inemployées... aussitôt dénoncées comme « capital oisif », avec prière de le restituer instamment aux « propriétaires légitimes », les actionnaires — « puisqu’ils ne savent pas s’en servir, qu’ils nous le rendent ! ». Dorénavant, ce qui sort des entreprises vers les investisseurs l’emporte sur ce qui fait mouvement en sens inverse... et donnait son sens et sa légitimité à l’institution boursière. Les capitaux levés par les entreprises sont devenus inférieurs aux volumes de cash pompés par les actionnaires, et la contribution nette des marchés d’actions au financement de l’économie est devenue négative (quasi nulle en France, mais colossalement négative aux Etats-Unis, notre modèle à tous (5)).

Il y a de quoi rester interloqué devant pareil constat quand, dans le même temps, les masses financières qui s’investissent sur les marchés boursiers ne cessent de s’accroître. Le paradoxe est en fait assez simple à dénouer : faute de nouvelles émissions d’actions pour les absorber, ces masses ne font que grossir l’activité spéculative sur les marchés dits « secondaires »* (les marchés de revente des actions déjà existantes). Aussi leur déversement constant a-t-il pour effet, non pas de financer des projets industriels nouveaux, mais de nourrir la seule inflation des actifs financiers déjà en circulation. Les cours montent et la Bourse va très bien, merci, mais le financement de l’économie réelle lui devient chose de plus en plus étrangère : le jeu fermé sur lui-même de la spéculation est très suffisant à faire son bonheur et, de fait, les volumes de l’activité dans les marchés secondaires écrasent littéralement ceux des marchés primaires* (les marchés d’émission).

Que la Bourse comme institution de financement, par là différenciée de la Bourse comme institution de spéculation, soit devenue inutile, ce sont les entreprises qui pourraient en parler le mieux. Le problème ne se pose simplement pas pour les petites et moyennes... qui ne sont pas cotées, mais dont on rappellera tout de même qu’elles font l’écrasante majorité de la production et de l’emploi — on répète pour bien marquer le coup : l’écrasante majorité de la production et de l’emploi se passe parfaitement de la Bourse. Plus étonnamment, les grandes entreprises y ont fort peu recours également — sauf quand leur prend l’envie de s’amuser au jeu des fusions et des offres publiques d’achat (OPA). Car lorsqu’il s’agit de trouver du financement, le paradoxe veut que les fleurons du CAC 40 et du Dow Jones aillent le plus souvent voir ailleurs : dans les marchés obligataires, ou bien, par une inavouable persistance dans l’archaïsme... à la banque ! Une succulente ironie veut qu’il y ait là moins l’effet d’une réticence philosophique qu’un effet de plus de la contrainte actionnariale elle-même, qui voit dans toute nouvelle émission l’inconvénient de la dilution, donc de la baisse du bénéfice par action. En somme, le triomphe du pouvoir actionnarial consiste à dissuader les entreprises qui le pourraient le plus de se financer à la Bourse !


D’autres promesses,
d’autres menaces


Ce qui reste de financement brut apporté par la Bourse se fait-il au moins pour les entreprises au coût avantageux promis par tous les discours de la déréglementation ? On sait sans ambiguïté ce que coûte la dette : le taux d’intérêt qu’on doit acquitter chaque année. Le « coût du capital » (ici le coût des fonds propres) est une affaire moins évidente à saisir. Par définition les capitaux propres (levés par émissions d’actions) ne portent pas de taux de rémunération prédéfini comme la dette. Ça ne veut pas dire qu’ils ne coûtent rien ! Mais alors combien ? Très symptomatiquement, la théorie financière ne cesse de s’intéresser au « coût du capital »... mais sous le point de vue exclusif de l’actionnaire (lire « Le coût du capital du point de vue de l’actionnaire ») ! Ceci ne dit rien de ce qu’il en coûte concrètement à l’entreprise de se financer en levant des actions plutôt que des obligations*, ou encore en allant à la banque — et c’est là une question dont la théorie financière, qui révèle ainsi ses points de vue implicites (pour ne pas dire : pour qui elle travaille), se désintéresse presque complètement.

Or ce qu’il en coûte à l’entreprise tient en trois éléments : les dividendes et les buy-backs sont les deux premiers, à quoi il faut ajouter également les coûts d’opportunité liés aux projets d’investissement écartés pour cause de rentabilité insuffisante, c’est-à-dire tous ces profits auxquels l’entreprise a dû renoncer sous l’injonction actionnariale... à ne pas investir.

Tout ceci, qui commence à faire beaucoup, ne se met cependant pas aisément sous la forme d’un « taux » qui pourrait être directement confronté au taux d’intérêt afin d’offrir une comparaison terme à terme des coûts des différentes formes de capital (fonds propres versus dette). Le fait que la dette soit remboursable et non les capitaux propres est une première différence perturbatrice ; inversement, du dividende est payé éternellement sur des actions bien après la fin du cycle de vie de l’investissement qu’elles ont servi à financer ; les actions confèrent en assemblée générale un pouvoir que ne donne pas la dette (et auquel on pourrait assigner une valeur), etc. A défaut de comparaison directe, on peut au moins faire une comparaison différentielle, et observer que l’un des deux coûts, celui des fonds propres, a connu une évolution très croissante : les buy-backs qui étaient inconnus se sont développés dans des proportions considérables ; quant aux dividendes, on peut mesurer leur croissance à la part qu’ils occupent désormais dans le produit intérieur brut, où ils sont passés de 3,2 % à 8,7 % entre 1982 et 2007, et ceci, il faut le redire, du fait même de l’exercice du pouvoir actionnarial, pour qui la déréglementation boursière a été faite... sur la foi d’une baisse du coût de financement des entreprises !

Reprenons : contribution nette négative, et contribution brute hors de prix là où elle avait été promise à coûts sacrifiés... On se demande ce qui reste à la Bourse pour se maintenir dans l’existence — à part les intérêts particuliers du capital financier, il est vrai d’une puissance tout à fait admirable. La réponse est : d’autres menaces et d’autres promesses.

La menace agite le spectre d’une « économie sans fonds propres ». Au premier abord, elle ne manque pas de poids, spécialement en une période où l’on dénonce, non sans raison, la croissance hors de contrôle des dettes privées. Or refuser aux entreprises les bienfaits de la Bourse, n’est-ce pas les renvoyer aux marchés obligataires ou au crédit bancaire, c’est-à-dire à plus de dette encore — et tout le pouvoir aux banquiers, espèce que la crise nous a rendue si sympathique (6) ? Mais une économie sans Bourse n’est pas du tout une économie privée de fonds propres. Trop occupée à vanter ses propres charmes, la Bourse a fini par oublier que l’essentiel des fonds propres ne vient pas d’elle... mais des entreprises elles-mêmes, qui les sécrètent du simple fait de leurs profits, transformés en capital par le jeu de cette opération que les comptables nomment le « report à nouveau » : chaque année le flux de profit dégagé par l’entreprise vient grossir le stock de capital inscrit à son bilan… du moins tant qu’elle ne l’abandonne pas aux actionnaires sous la forme de dividendes.

On dira cependant que l’apport de fonds propres externes (ceux d’actionnaires donc) revêt une importance particulière quand précisément l’entreprise va mal et, par elle-même, ne dégage plus assez de fonds propres internes par profit et « report à nouveau ». Le sauvetage d’entreprises en difficulté ne révèle-t-il pas l’ultime vertu de l’intervention actionnariale, et seules des injections providentielles de capitaux propres ne peuvent-elles pas y pourvoir ? La belle idée : en général, les repreneurs s’y entendent pour mettre au pot le moins possible et pour mener leur petite affaire soit en empochant les subventions publiques, soit en ayant prévu de revendre quelques morceaux de gré à gré, soit en profitant du règlement judiciaire pour restructurer les dettes et larguer du salarié ; et le plus souvent par un joyeux cocktail mélangeant agréablement tous ces bons ingrédients — fort peu actionnariaux.

Comme le cercle commence à se refermer méchamment et que la liste des supposés bienfaits est déjà à l’état de peau de chagrin, on aura bientôt droit au cri désespéré : « Et les start-up ? » Les start-up, la révolution technologique en marche, celle qui nous a donné Internet (juste après que l’armée eut posé les tuyaux et les chercheurs inventé les protocoles...), celle qui enfin nous offrira bientôt des gènes refaits à neuf, comment les ferait-on éclore sans la Bourse ? Bien sûr on a pu se tromper un peu quant à la réalité de ses bienfaits, mais tout sera pardonné quand on aura redécouvert ses véritables, ses irremplaçables prodiges : des promesses d’avenirs radieux.

C’est peut-être dans ce registre prophétique des lendemains technologiques que le discours boursier, par ailleurs si déconsidéré, trouve son ultime redoute — avec parfois l’improbable secours de technologues de gauche, écolos amis de la chimère ayant reçu pour nom « croissance verte », ou enthousiastes du « capitalisme cognitif » (certains, pas tous...) qui nous voient déjà savants et émancipés par le simple empilement des ordinateurs connectés en réseau.

Or il est exact que le financement des start-up semble échapper au système financier classique, et notamment bancaire. Le propre de ces entreprises naissantes tient en effet à la difficulté de sélection qu’elles présentent aux financeurs potentiels du fait même du caractère inédit de leurs paris techniques et de la très grande incertitude qui en découle, faute de références passées auxquelles les comparer. On connaît l’argument : sur dix start-up soutenues, neuf seront d’épouvantables bouillons mais peut-être la dixième une magnifique pépite qui, bien poussée jusqu’à l’introduction en Bourse, décrochera la timbale — comprendre : enrichira ses actionnaires de départ, qu’on nomme, tout ridicule abattu, des business angels (« anges des affaires »), et fera mieux que les réconforter de leurs pertes sur les neuf autres.

Cette économie de la péréquation très particulière, propre aux entreprises technologiques naissantes, rendrait donc « indispensable » la sortie en Bourse et impossible le financement par le crédit : le banquier facturant en gros le même taux d’intérêt aux dix perdrait tout, intérêt et principal, sur neuf et ne gagnerait que ses quelques pour-cent sur la dixième ; bien trop peu pour que l’opération globale ne soit pas très perdante, et par suite définitivement abandonnée.

Il faut reconnaître que l’argument ne manque pas de sens. Il manque juste à être irrésistible. Car il ne faut pas beaucoup d’imagination pour envisager un taux d’intérêt qui soit, non plus fixe, mais défini comme une certaine part des profits, éventuellement révisable (à la hausse) sur les premières étapes du cycle de vie de l’entreprise. Si celle-ci est effectivement un bingo, elle le prouvera par ses bénéfices, et cette péréquation-là réjouira le banquier comme la péréquation boursière avait réjoui le business angel. Creusant un tout petit peu plus cependant, on finira par tomber sur la réalité moins glorieuse des mobiles qui font tenir les discours généraux du financement en capital des start-up et des héros technologiques.

L’introduction en Bourse a pour finalité essentielle... d’enrichir à millions les créateurs d’entreprise et leurs « anges » accompagnateurs. On les croyait mus par l’idée générale du progrès technique, le bien-être matériel de l’humanité et la passion d’entreprendre : ils n’ont le plus souvent pas d’autre idée que de faire fortune aussi vite que possible et de prendre une retraite très avancée — il n’y aurait pas de test plus dévastateur que de voir ce qui, la promesse de fortune boursière retirée, resterait des troupes des vaillants entrepreneurs. Des cohortes boutonneuses de la nouvelle économie, combien n’avaient pour idée fixe que de bricoler au plus vite une petite affaire susceptible d’être revendue et de faire la culbute patrimoniale ?

On fera remarquer que c’est l’essence même du capitalisme que les agents ne s’y activent pas pour des prunes. Sans doute, mais d’une part on pourrait, du coup, nous épargner le gospel entrepreneurial, et d’autre part c’est une chose de désirer s’enrichir de sa création d’entreprise, mais c’en est une autre de ne s’y livrer qu’à la condition (même si elle n’est qu’à l’état d’espoir) de s’enrichir hors de proportion, comme c’est devenu la condition implicite mais sine qua non des créateurs de start-up. Et il est vrai : ce n’est plus la simple rémunération du travail, ou même le revenu tiré du profit d’entreprise qui peut enrichir à cette échelle, mais bien la timbale boursière et elle seule.

Et c’est ici le terminus du discours de la Bourse. La Bourse n’est pas une institution de financement des entreprises — elles n’y vont plus sauf pour s’y faire prendre leur cash-flow* ; elle n’est pas le roc d’une « économie de fonds propres » — pour l’essentiel ceux-ci viennent d’ailleurs : des entreprises elles-mêmes ; elle n’est pas la providence qui sauve les start-up de l’attrition financière — on pourrait très bien agir autrement.Elle est une machine à fabriquer des fortunes. Et c’est tout. Bien sûr, pour ceux qui s’enrichissent, ça n’est pas négligeable. Mais pour tous les autres, ça commence à suffire.


Cupidité déboutonnée

Ainsi, faire la critique de la Bourse conduit immanquablement à retrouver les vraies forces motrices que le galimatias entrepreneurial s’efforce de recouvrir : il n’y est en fait question que d’enrichissement. Non pas que tous les entrepreneurs soient par principe affligés de cette cupidité déboutonnée — ceux qui ont vraiment l’envie de construire quelque chose sont mus par d’autres ressorts et se passent de la fortune patrimoniale pour s’activer (on n’en fera pas des saints pour autant...). Mais seule la Bourse pouvait installer dans le corps social, ou plutôt dans ses parties les plus concernées, ce fantasme, désormais fait mentalité, de la fortune-éclair, légitime récompense des élites économiques, entièrement due à leur génie créateur et sans laquelle on déclarera qu’on veut faire fuir le sel de la terre, tuer la vie entrepreneuriale, peut-être même la vie tout court.

Fermer la Bourse n’a donc pas seulement la vertu de nous débarrasser de la nuisance actionnariale pour un coût économique des plus faibles, mais aussi le sens d’extirper l’idée de la fortune-flash, devenue référence et mobile, cela-va-de-soi pour bien-nés et normalité du « mérite », pour rappeler que l’argent ne se gagne qu’à hauteur des possibilités de la rémunération du travail, ce qui, dans le cas des individus qui nous intéressent, est déjà la plupart du temps largement suffisant. La Bourse comme miroir à la fortune aura été l’opérateur imaginaire, aux effets bien réels, du déplacement des normes de la réussite monétaire, et il n’est pas un ambitieux dont le chemin ne passe par elle — pour les autres, il y a le Loto, et pour plus personne en tout cas, rapporté à cette norme, le travail.

Aussi la Bourse a-t-elle cette remarquable propriété de concentrer en un lieu unique la nocivité économique et la nocivité symbolique, en quoi on devrait voir une raison suffisante d’envisager de lui porter quelques sérieux coups. On ne dit pas que les arguments qui précèdent closent définitivement la discussion de la fermeture de la Bourse, et il y a sûrement encore bien des objections à réfuter pour se convaincre définitivement de joindre le geste à la parole. On ne le dit pas donc, mais on dit seulement qu’au moins il est temps de cesser de s’interdire d’y penser.

Frédéric Lordon
Economiste, auteur de La Crise de trop. Reconstruction d’un monde failli, Fayard, 2009.

Source : http://www.monde-diplomatique.fr/2010/02/LORDON/18789

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(1) La Crise de trop, chapitres IV et V.

(2) « La gauche ne dit rien sur la crise financière », assénait-il encore le 20 septembre 2008 sur France Inter.

(3) Lire « Enfin une mesure contre la démesure de la finance, le SLAM ! », Le Monde diplomatique, février 2007.

(4) Lire « Instabilité boursière : le fléau de la cotation en continu », La pompe à phynance, Les blogs du Diplo, 20 janvier 2010.

(5) Entre 2003 et 2005 la contribution nette des marchés d’actions au financement des entreprises françaises est de l’ordre d’à peine quelques milliards d’euros. Aux Etats-Unis, elle passe de — 40 milliards à — 600 milliards d’euros sur la même période ! Seule la crise financière interrompt (provisoirement) ces mouvements massifs de buy-back (« Rapport annuel de l’Autorité des marchés financiers », Paris, 2007).

(6) Comme souvent, c’est l’occasion de se rendre compte que les transformations radicales se font moins « par parties » que par « blocs de cohérence ». Refaire les structures de la finance nécessite de s’en prendre aux marchés, mais aussi aux structures bancaires. Cf., à ce propos, La Crise de trop, op. cit., chapitre III.


Voyez aussi :


http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/04/24/122-la-limpide-synthese-d-un-lordon-atterre-il-faut-arraisonner-la-finance-privee

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/10/15/151-frederic-lordon-lbsjs-sept-2011



LA BOURSE EST LE CASINO DES ULTRA-RICHES.

C'est à la Bourse que vont (en pure perte) les milliers de milliards des "QE", produits à nos frais pour les sauver de la ruine.

La Bourse est un fléau pour le peuple, le royaume des accapareurs.

NOUS N'AVONS PAS BESOIN DE L'ARGENT DES RICHES POUR FINANCER L'ÉCONOMIE.

Voir le travail de Bernard FRIOT : • http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2013/06/07/331-passionnant-bernard-friot-explique-l-enjeu-des-retraites-par-repartition-resister-a-la-reforme-capitaliste-et-assumer-cette-autre-definition-de-la-valeur-economique

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/04/12/205-bernard-friot-l-enjeu-du-salaire

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/04/12/204-passionnant-bernard-friot-distinguer-la-propriete-d-usage-de-la-propriete-lucrative-pour-etendre-la-premiere-et-interdire-la-seconde

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/02/06/190-guerre-des-salaires-il-faut-aider-le-soldat-friot

 

 

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2013%2F12%2F09%2F357-frederic-lordon-prone-la-suppression-de-la-bourse-conchie-l-union-europeenne-et-l-euro-defend-la-nation-la-souverainete-populaire-et-leurs-institutions

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 02:27
censure-silence
Le 9 décembre 2013
Plus la loi réprime l’expression des opinions, plus la parole a besoin de se lâcher.

 

La marche des Beurs de 1983 a inauguré le processus remplaçant le modèle républicain assimilateur par son opposé communautarien, celui qui nous éclate à la figure aujourd’hui.

Le terrain était fertile. Mai 68 était passé par là. Des trotskistes Cambadélis et Weber aux droits-de-l’hommiste Kouchner et Coluche jusqu’aux potes Dray et Désir, ils détestaient tout ce que la France rance ou moisie incarnait. L’Idéologie française (1981) de BHL, peinture d’une France pétainiste ad aeternam et ad nauseam, fut leur bréviaire.

L’État-nation relevait des poubelles de l’Histoire et l’identité nationale d’une incongruité avec l’avènement de la société multiculturelle ouverte et sans frontières, faite de nationalités, et que le processus d’intégration européenne était là pour le prouver. La deuxième gauche, en lutte pour l’hégémonie à gauche, leur fit bon accueil, Jospin et Strauss-Kahn en tête. L’antiracisme et l’humanitarisme devinrent le viatique des socialistes et la lutte contre le Front national leur fonds de commerce. Marcel Gauchet les aura mis en garde – les droits de l’homme ne sont pas une politique (1980).

Au moment d’accéder au pouvoir et à ses sinécures (la MNEF et autres), cette génération eut le renfort de la sociologie d’Alain Touraine (père du ministre) célébrant l’action sociale, avec les communautés comme acteurs du progrès par les désordres sociaux. La France raciste (1992) de Wieviorka fut leur nouveau petit livre rouge, les grèves de décembre 1995 leur haut fait d’armes et le Nobel à Médecins sans frontières en 1999 leur consécration. L’acmé symbolique de leur triomphe intervint plus tard, en 2007, avec les épousailles grandioses au Cirque d’hiver entre Henri Weber, l’ex-gauchiste devenu fabiusien, et Fabienne Servan-Schreiber, héritière d’une bourgeoisie gagnée à la gauche.

C’est sur le terrain juridictionnel que le communautarisme fait le plus de dégâts. La loi Gayssot de 1990 punissant le racisme et le négationnisme aura été la mère de toutes les lois mémorielles, criminalisant les opinions non conformes, dictant aux historiens ce qu’ils devaient penser. Chaque communauté aura sa loi, la palme allant à la loi Taubira de 2001 sur la traite transatlantique qualifiée de crime contre l’humanité, omettant les traites intra-africaines et celles du Moyen-Orient. La loi sur le mariage pour tous a consacré aussi, à sa manière, la reconnaissance des souffrances passées des homosexuels.

Plus la loi réprime l’expression des opinions, plus la parole a besoin de se lâcher. À force de sacralisation, vient la tentation de la profanation. Aucun pays ne possède autant de lois punissant l’incitation à la haine, aucun autre n’a cet arsenal d’associations subventionnées estant en justice et dans nul autre encore les haines interraciales, interethniques et interreligieuses ne se donnent plus libre cours.

Nous verrons comment les mesures de discrimination positive, la politique de la ville et pour finir l’argent du Qatar, en arrosant les gens de la famille, nous firent passer au modèle communautariste plein et entie

 

 

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